La quête de perfection, ce poison intérieur

C’est en fin d’année 2014 que je me suis éveillée à ma nature d’Indigo.
C’est une vidéo faite à partir de l’article « Êtes-vous un Indigo ? » de Laura Marie qui a provoqué mon réveil. J’ai tellement pleuré ! Mon âme se sentait enfin reconnue, je savais que je n’étais pas seule, que je n’étais pas malade. Comme le film du même nom, « le premier jour du reste de ma vie ». Une seconde naissance. Ou la vraie, allez savoir…

Une fois la profonde secousse émotionnelle passée, j’ai reconnecté ce que je venais de (re)découvrir avec mon passé, avec mon expérience, mon vécu. Avec ce nouveau regard, ce que j’appelle une nouvelle grille de lecture, j’ai tout repassé au crible. J’ai ré-envisagé tout mon passé avec cette nouvelle façon de voir les choses, et parmi les choses qui sont remontées à la surface, parmi les choses qui ont enfin pris du sens, l’une d’entre elle était cette quête insatiable de perfection.

Durant quatre années, suite à une somatisation plutôt spectaculaire fin 2010 (blocage du dos, du « jamais vu » selon mon médecin, surtout à l’âge de 19 ans), j’ai entrepris un travail sur moi. Je suis emplie de gratitude pour mon médecin généraliste, qui a vu que j’étais en dépression, et qui a répondu à mes demandes d’examens médicaux multiples et variés par un simple « Caroline, vous n’avez rien ». Je me souviens de son regard bleu qui me sondait. Bim, premier coup de bâton sur la tête, aïe. Incomprise, je me dirige vers mon ostéopathe. En plus du refus d’intervenir sur la musculature de mon dos, déjà bien sinistrée, elle enfonce le clou avec un second « Caroline, vous n’avez rien ». Re-bim, re-aïe. Décidément !

J’ai fini par retourner voir mon médecin généraliste, qui à la place d’une ordonnance m’a tendu le numéro d’une coach, une sophro-relaxologue. J’ai grommelé un vague « merci », et je suis sortie. Une fois chez moi, je fixais ce post-it, comme s’il me brûlait les doigts. Et puis je me suis lancée, j’ai appelé.

L’aventure a duré quatre ans. Quatre années de travail sur moi, intensif. Cellule familiale, travail, confiance et estime de soi, cours de communication, PNL, relaxation, instant présent, lâcher-prise… Tout y est passé. Plus d’une fois je sortais de ce cabinet avec, au choix, soit l’envie de tout casser, soit l’envie de m’effondrer en pleurs. L’instabilité intérieure permanente, tous les repères perdus, bref, c’était terriblement nécessaire, mais loin d’être facile. Souvent, je me demandais : « Mais pourquoi est-ce que tu continues ? C’est bon, tu as enlevé le plus gros de la crasse, pourquoi persévérer ? ». Je ne trouvais pas de réponse, alors je continuais les rendez-vous. C’était du connu (bien que difficile), et ça venait nourrir quelque chose en moi, sans parvenir à savoir quoi.

En parallèle, j’explosais régulièrement mes records de livres commandés sur Amazon (oui Amazon c’est caca je sais 😉 ). Relation parents/enfants, trouver sa voie, la culpabilité, le pardon, l’instant présent… J’ai beaucoup lu, sur beaucoup de sujets. Toujours en quête, toujours à chercher, à chercher quoi au juste ? Je n’en savais rien. J’étais avide, j’avais soif.

Et puis un jour, au printemps 2014, je lis un livre (un de plus), un livre que je recommande à toutes les femmes : Femmes qui courent avec les Loups, de Clarissa Pinkola Estés. Je me souviens de ce moment comme si c’était hier. J’étais dans la cuisine, mon chien était assis sur le tapis en face de la table, la nappe était jaune. Et alors que je tombe sur les mots « vous vous sentez faner », j’éclate en pleurs. De bons gros sanglots qui me font lâcher ce livre et qui ébranlent ma carcasse. C’est à ce moment que mon chien a lâché un profond soupir, avec un regard de vieux sage que je ne lui connaissais pas. Il venait de se passer quelque chose, quelque chose qui a pris du sens au début de l’hiver de la même année, alors que je tombe sur cette vidéo sur les caractéristiques de ce qu’on appelle les « Indigos ».

Du printemps jusqu’à l’hiver 2014, j’ai eu le temps de cheminer, et tous les éléments, une fois connectés entre eux, ont pris du sens. Ce que j’ai compris durant cette période, c’est que j’avais beau travailler sur moi, j’avais beau avoir de meilleures relations avec ma famille, mes amis, j’avais beau constater en toute honnêteté que mon environnement extérieur s’améliorait, quelque chose en moi se craquelait, se desséchait. Je courais après un idéal, et pendant ce temps, une soif inconnue n’était pas étanchée. Je mourrais intérieurement. Je mourrais de constater que ce « travail » n’était jamais fini, qu’il y avait toujours quelque chose à améliorer/travailler, et l’ampleur de la tâche me désespérait d’avance. Le plaisir avait déserté ma vie.

Et puis un jour, sans trop en avoir vraiment pris conscience, j’en ai eu marre. C’est d’abord ma coach qui a été le réceptacle de ce ras-le-bol. Je commençais, alors qu’elle me disait qu’il me restait ceci ou cela à travailler que j’en avais assez, que j’avais déjà beaucoup accompli, qu’elle était forcée de l’admettre. Puis j’ai cessé de faire sortir cette colère, cette saturation, à l’extérieur, et j’ai commencé à m’apaiser, à me poser quelques questions. Et puis un jour, cette illumination : je n’avais pas besoin d’être parfaite. Personne ne me l’avait jamais demandé, je me faisais cette violence toute seule, comme une grande.

Mais alors est monté une inquiétude, suite à (oui, j’y viens enfin) ma reconnexion à ma nature d’Indigo. Car en parallèle de ce lâcher-prise profond sur la quête de perfection, j’avais toujours mes inflexibles idéaux au fond du coeur, et j’ai eu un moment peur de me renier en ne désirant plus être parfaite. Mon esprit tournait cela dans tous les sens, j’avais vraiment peur de perdre mes valeurs morales en lâchant mon désir de perfection, parce que j’étais persuadée que l’un n’allait pas sans l’autre.

Hors c’est complètement faux !

 Cette peur de perdre ces idéaux si l’on abandonne sa quête de perfection n’est que le reflet de la croyance que nous ne les incarnons pas déjà. Laissez moi vous assurer que cette croyance on va dire « de surface » n’est que la partie émergée de l’iceberg d’une croyance plus profonde. A vous de chercher laquelle. Je dirais quand même qu’une croyance qui nous fait nous diriger vers la quête de perfection prend sa racine dans la conviction que nous valons moins que cette même perfection. Je ne vous en dis pas plus, à vous de cheminer.

En tant qu’Indigos, nous SOMMES ces valeurs morales. Nous sommes persuadés de les AVOIR, or, je le répète, nous SOMMES ces valeurs morales. Elles font partie de nous comme nous faisons partie d’elle, il nous est impossible de nous en détacher. Elles sont inscrites en nous, comme le serait un code génétique, ces idéaux élevés sont constitutifs de notre Être, de notre Âme. Ces valeurs morales, ces idéaux élevés, sont constitutifs de notre Essence.

C’est d’ailleurs paradoxal, mais c’est justement en lâchant ce désir de perfection, cette image basée sur des critères de notre mental et souvent inspirée des schémas de ce que j’appelle la Matrice que nous approcherons justement d’autant plus nos valeurs morales, en d’autres termes notre Divine Imperfection. C’est en nous débarrassant de la couche de crasse accumulée durant notre passé dans la Matrice que notre Essence, faite comme je l’ai dit de valeurs morales inébranlables et incorruptibles que ces dernières pourront d’autant plus rayonner et être incarnées dans la matière.

Le gros problème de la quête de perfection, c’est que nous sommes persuadés que c’est une bonne chose, car notre mental, qui je le répète se base sur ce qu’il connaît, à savoir les schémas de la Matrice, l’a étiquetée comme positive. Ouvrez un magazine féminin : il faut savoir cuisiner, être un bon coup au lit, avoir du style, s’occuper des enfants, avoir de la conversation, un bon travail, etc… Allumez votre télévision : des sourires éclatants, des ventres plats, des grosses voitures, un travail qui rapporte, une position sociale élevée… La réalité déformée que l’on nous donne à voir est vérolée par cette quête de perfection. L’on nous apprend que c’est normal, que c’est sain, et que si l’on ne suit pas le move, on est un perdant, un « looser ».

Depuis enfants donc, nous avons reçu le message que « vouloir être parfait, c’est une bonne chose ». Nous avons donc laissé entrer cette quête de perfection, nous lui avons laissé la porte toute grande ouverte, et ce monstre, depuis, nous dévore les entrailles. Mais au lieu de le chasser, nous le laissons s’installer au sein de notre intériorité, le laissant prendre toujours plus de place. Tout y passe : physique, relations, sexualité, alimentation, statut social, travail, même notre fonctionnement intérieur ! Ce monstre nous dévore, mais au lieu de le faire sortir, nous l’approuvons, le laissant être notre plus tyrannique habitant intérieur, un véritable bourreau. Ce monstre s’immisce partout : dans nos croyances, dans nos fonctionnements intérieurs… etc. Convaincus qu’il agit pour notre bien, nous lui laissons tous les accès ouverts, le laissant répandre son mal comme une gangrène.

Et pendant ce temps, quelque chose ralentit en vous. Quelque chose s’essouffle, quelque chose a soif. La fatigue commence à se faire sentir, comme un pèlerin exténué qui ralentirait la cadence. Vous vous sentez USÉ, jusqu’à la corde. Peut-être même un jour va-t-elle finir par casser. Ce vous qui fatigue, c’est votre Âme, votre VRAI VOUS. Ce Vrai Vous qui a besoin d’insouciance parfois, ou de se reposer. Ce Vrai Vous qui a besoin de pleurer, d’être câliné ou d’être un peu fêlé. Ce Vrai Vous qui a besoin de laisser parler ses aspirations profondes, d’avoir de l’espace. Reclus dans les derniers mètres carrés de votre appartement intérieur, appartement colonisé par le Monstre de la Perfection, votre Vrai Vous tourne comme un lion en cage, avant de se laisser dépérir.

Vous rendez-vous compte de la violence faite à soi-même lorsqu’on accueille le Monstre de la Perfection en soi ? Feriez-vous porter une muselière à un enfant, non n’est-ce pas ? Et bien en accueillant le Monstre de la Perfection en vous, c’est à votre Âme, à votre intériorité que vous la faites porter. Quelle crime… Museler votre lumière, votre Essence, car non conforme à ce que votre mental influencé par la Matrice pense être juste…

Tant que vous êtes dans la quête de perfection, vous n’êtes pas vous. Mais savez-vous seulement qui vous êtes ?

A vos chemins…

Avec tout mon amour ❤


Texte personnel, toute reproduction interdite sans autorisation préalable et citation de l’auteure.

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